cailloux n°57 : prêter attention, prendre soin

Je lis chaque jour How to Do Nothing dans les transports en commun. J'ai habituellement horreur des jaquettes qui s'abiment et glissent mais celle-ci me met en joie chaque fois que je sors le livre de mon sac à dos ; un buisson de roses blanches, rouges et fuchsia. Le livre de Jenny Odell n'est pas un manuel, ni un livre de self-help, c'est un point de vue subjectif sur ce que signifie porter attention au monde qui nous entoure, nourri d'une large connaissance de l'histoire de l'art et des sciences humaines et sociales.

"Many of the ideas for this book formed over years of teaching studio art and arguing its importance to design and engineering majors at Stanford, some of whom didn't see the point. The sole field trip in my digital design class is simply a hike, and sometimes I have my students sit outside and do nothing for fifteen minutes. I'm realizing that these are my ways of insisting on something. Living between the mountains and this hyper accelerated, entrepreneurial culture, I can't help but ask the question: What does it mean to construct digital worlds while the actual world is crumbling before our eyes?"

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La newsletter de L.M. Sacasas dont j'ai parlé à plusieurs reprises est semblable en ce qu'il s'agit avant tout d'une réflexion subjective, en construction, informée par l'expertise de l'auteur dans le champ des sciences technologies et société. Il écrit, à propos du caucus en Iowa – mais ça pourrait être à propos d'autres choses :

"As I put it in my own contribution to the unfolding hyperreal moment: It's not so much an attention economy as it is an economy of care. Tomorrow, no one will care. The habit of immediacy atrophies the capacity to extend care toward the past or the future."

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Nouvelles du monde :

  1. Un homme d’âge mûr en manteau de laine, pantalon de costume et chaussures de ville marche tranquillement près de l’Hôtel de Ville en brandissant une pancarte « Gégé t’es foutu » au-dessus de sa tête.

  2. Une buse posée sur un feu de signalisation et un groupe de corneilles conspirant autour d’un arbre.

  3. Un éboueur tenant ouverte une plaque dans le trottoir et une femme en chaussures de sécurité qui prend une photo de ce qu’il y a dans le trou (une canalisation d’eau ?)

  4. Quand le chauffeur refuse de rouvrir les portes du bus bondé en disant « Ah non je suis plein, plus de place » je me demande si c’est une metonymie (après vérification : oui).


Cette newsletter àpeuprèbdomadaire est écrite par Alexia Chandon-Piazza. Elle est née de l'envie de garder une trace de mes lectures et de sortir de l’immédiateté des réseaux.

Si elle vous intéresse, n'hésitez pas à la relayer, à la conseiller, et si elle vous fait réagir, vous pouvez me le faire savoir en y répondant directement depuis votre boîte mail.

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